En deux ans, nous avons rapatrié 50 % de nos composants depuis l’Asie, portant à 70 % la part de pièces désormais produites en France, sans perte de compétitivité.
Cette transformation n’a rien d’un symbole.
Elle reflète une conviction forte : la souveraineté industrielle ne se décrète pas. Elle se construit par des choix pragmatiques et cohérents, pas par des postures.
Chez Niryo, nous avons engagé cette démarche avec une approche rationnelle et structurée.
Être souverain, ce n’est pas tout produire localement. C’est savoir précisément ce que nous voulons maîtriser, ce que nous pouvons déléguer et comment sécuriser notre chaîne d’approvisionnement sur le long terme.
Notre travail consiste à identifier les composants stratégiques, à diversifier nos partenaires et à bâtir des relations durables.
Au-delà du coût, nous valorisons la proximité, la réactivité et la transparence avec nos partenaires français.
Ce sont des leviers de compétitivité que la simple comparaison tarifaire ne mesure pas toujours.
Un sourcing pragmatique pour une souveraineté stratégique
En deux ans, nous avons donc rapatrié la moitié de nos références depuis l’Asie vers la France.
Cette évolution a été initiée par notre direction industrielle avec un objectif clair : renforcer notre maîtrise technologique tout en maintenant un équilibre économique cohérent.
La souveraineté industrielle repose sur une stratégie d’équilibre entre performance économique et responsabilité industrielle.
Notre objectif n’est pas de tout relocaliser.
Il est de conserver la maîtrise de notre technologie, d’assurer la traçabilité pour nos clients et de contribuer à la vitalité de l’industrie française, sans dépenser davantage.
Relocaliser : un effort partagé
Relocaliser n’est ni simple ni symbolique.
Le succès de cette démarche repose avant tout sur la transparence entre partenaires : partager les coûts réels, les volumes et construire ensemble un équilibre cohérent entre prix, qualité et délai.
La relocalisation n’est pas une consultation standard.
On ne peut pas envoyer un plan et attendre un prix.
Elle exige des échanges techniques, de la confiance et une réelle volonté de construire ensemble.
Notre travail de sourcing consiste à identifier des fournisseurs ouverts à la co-construction, prêts à faire évoluer leurs méthodes et leur propre chaîne d’approvisionnement.
C’est cette volonté partagée d’adaptation qui a rendu possible le rapatriement de nombreuses références depuis la Chine vers la France.
Deux partenaires illustrent particulièrement cette dynamique : InoxyFrance et AB Précision.
InoxyFrance : « La proximité a une vraie valeur »
Basée dans le Nord, InoxyFrance est spécialisée dans la découpe laser, le pliage et l’usinage de pièces métalliques.
Son dirigeant, Guillaume Carrette, a accompagné notre démarche en restructurant sa chaîne d’approvisionnement et en challengant ses partenaires, notamment sur le fraisage, afin d’identifier ceux capables de répondre aux bons niveaux de coût et de délai.
Il estime que ces initiatives sont essentielles pour redonner à l’industrie française sa compétitivité :
« Ce qui fera la pérennité des structures, c’est leur capacité à s’ouvrir, à se remettre en question et à se challenger. Si on reste figés dans le “on a toujours fait comme ça”, on n’avance pas. »
L’entreprise réfléchit désormais à intégrer davantage de capacités d’usinage en interne pour gagner en réactivité et en maîtrise des délais.
InoxyFrance fabrique aujourd’hui plusieurs pièces en aluminium pour nos convoyeurs robotiques.
Composant du convoyeur intégré dans le Bundle Discovery Niryo, usiné par InoxyFrance
Pour Guillaume Carrette, la valeur du Made in France dépasse largement le simple prix unitaire :
« Être au même prix qu’un fournisseur asiatique a encore plus de valeur pour le client. On gagne en proximité, en réactivité et en confiance. Et en cas de problème, la solution est à 50 kilomètres, pas à 10 000. »
AB Précision : « Relocaliser, c’est possible »
Basée en région lyonnaise, AB Précision est spécialisée dans l’usinage numérique de précision pour la robotique, l’automobile, le médical et le laser.
Elle fournit désormais la base du robot Ned2 ainsi que des accessoires du bundle éducation, auparavant importés de Chine.
Composants du robot éducatif Ned2 – usinés par AB Précision
Ce qui a convaincu son dirigeant, Alexandre Billon, tient autant à la dimension humaine du projet qu’à la fierté industrielle qu’il représente :
« Contribuer à la réussite d’une jeune entreprise française de robotique est une vraie motivation. C’est une réelle satisfaction que cela puisse être fabriqué en France. »
La collaboration s’est construite sur une base de transparence et de confiance.
« Niryo nous a transmis les plans, les volumes, un prix cible, et nous avons regardé ensemble où nous pouvions nous aligner. L’approche était directe, honnête, sans surenchère. »
Alexandre Billon souligne que la différence avec l’Asie ne se joue plus sur la qualité, mais sur la capacité à optimiser les coûts et à garantir la traçabilité.
AB Précision s’appuie sur des atouts structurels solides : une traçabilité totale des matières premières et des investissements continus dans des machines d’usinage de dernière génération, qui renforcent à la fois sa compétitivité et la qualité de ses productions.
Cette rigueur industrielle lui permet d’offrir des produits fiables, compétitifs et 100 % traçables.
Pour Alexandre Billon, le Made in France ne se décrète pas. Il se construit collectivement :
« Il faut se battre pour développer sa société, mais aussi travailler main dans la main avec les fabricants. C’est comme ça qu’on ramènera des pièces en France. »
Une souveraineté construite sur l’équilibre
Avec cette politique de sourcing, nous démontrons qu’il est possible de concevoir une robotique compétitive, accessible et Made in France, à condition que fabricants et fournisseurs fassent ensemble les efforts nécessaires.
La souveraineté industrielle n’est pas une idéologie. C’est une stratégie d’équilibre.
Elle se construit par des choix précis, assumés et cohérents, composant par composant.














