Il y a quelques mois maintenant, nous avons été contactés par Makers of Imaginary Worlds, une organisation au nom énigmatique et intriguant.

Makers of Imaginary Worlds est une compagnie d’installations et d’arts du spectacle basée en Angleterre, à Nottingham, imaginée par Roma Patel et Rachel Ramchurn. Ces deux artistes actuellement en résidence au Trust in Autonomous System Hub à l’Université de Nottingham, sont animées par la volonté de proposer des expériences artistiques, immersives et sensorielles, aux plus jeunes.

Cette année, Makers of Imaginary Worlds nous a présenté une expérience très innovante, une troupe de cirque un peu particulière, Thingamabobas, au Lakeside Arts de Nottingham.

Thingamabobas?

Thingamabobs est un terme susceptible de parler à nos amis anglais, mais en tant que français, le terme nous était inconnu.

Thingamabobs, en anglais parlé, est un terme utilisé pour parler d’un objet dont le nom a été oublié, ou ne souhaite pas être dit… En somme, des objets dignes d’un bric-à-brac. Et cela fait sens quand l’on découvre comment les personnages de ce merveilleux cirque sont fabriqués.

Thingamabobas est une compagnie de cirque composée de sculptures hybrides mécanisées, fabriquées à base de matériaux recyclés et durables. Celles-ci interagissent avec les visiteurs, qui vivent ainsi une expérience sensorielle, immersive et merveilleuse.

Si les expériences précédentes proposées par la compagnie Makers of Imaginary Worlds reposaient sur des technologies nécessitant une interaction physique directe de la part des visiteurs et participants, visant ainsi à créer de l’engagement, Thingamabobas repose, elle, sur la détection de la présence des visiteurs sans aucun contact direct, crise sanitaire oblige.

Si la COVID-19 a dû pousser Roma et Rachel à imaginer leur projet différemment, en oubliant l’utilisation de supports, de tissus à manipuler, elles ont très rapidement su adapter l’expérience, en proposant un format tout aussi interactif que par le passé, tout en minimisant l’utilisation du sens du toucher. L’idée était de proposer alors un format suscitant la curiosité des plus jeunes, reposant notamment sur la reconnaissance des corps ou des visages, allant alors au-delà d’une interaction Homme-Machine nécessitant un simple appui de bouton. L’intelligence artificielle devait alors devenir partie intégrante de cette expérience.

Ned, the Never-Ending Dancer

Nous avons eu la chance de découvrir ce splendide projet car Makers of Imaginary Worlds nous a sollicités et fait confiance pour mettre Ned au cœur de ce projet.

Ned, le danseur, ou “The Never Ending Dancer” (le danseur qui ne s’arrête jamais), un acronyme très bien trouvé, est à mi-chemin entre un échassier et un monocycle. Il est équipé d’une caméra à profondeur Real Sense ainsi que d’un programme reposant sur le traitement d’image et l’intelligence artificielle qui permettent la reconnaissance des visages et des corps des enfants à proximité, engageant alors les mouvements du robot en réponse aux mouvements du public.

Vous pouvez aussi retrouver, au sein de cette troupe, le Micro Machinearium, le Power Horse et le Smart Chef !

Le choix de la robotique et l’implémentation de Ned

Si l’idée d’inclure la robotique au sein des expériences de Makers of Imaginary Worlds germait depuis plusieurs années, Roma et Rachel se sont très rapidement rendu compte, au fur et à mesure de leurs recherches, qu’inclure un robot traditionnel, ou même un cobot, était financièrement impossible. Elles n’ont néanmoins pas baissé les bras et ont approfondi leurs recherches, jusqu’à découvrir Niryo, et tout particulièrement Ned, qui a semblé parfaitement adapté pour fournir une réponse à leur problématique de coût, tout en répondant esthétiquement à ce qu’elles recherchaient pour leur projet.

Si par le passé, elles avaient utilisé, lors de leurs précédentes expériences, différents capteurs, l’utilisation du Machine Learning et de l’Intelligence Artificielle se révélait être une première pour elles. Afin d’en apprendre davantage sur le sujet, elles se sont initiées et formées sur l’outil d’apprentissage à Tensor Flow proposé gratuitement par Google (Si cela vous intéresse, rendez-vous ici. Vous pouvez également en apprendre davantage sur la technologie Tensor Flow avec Ned dans cette application). Épatées par le potentiel de cette technologie, Rachel et Roma ont donc décidé de développer leur nouvelle expérience autour de la robotique et ces technologies associées.

Roma, qui travaille en étroite collaboration avec le Mixed Reality Lab de l’Université de Nottingham, dans laquelle elle vient de terminer son doctorat, les a contactés pour leur demander de l’aide pour le développement du projet. L’Université de Nottingham, qui s’apprête à lancer son propre laboratoire de cobotique, le CoBot Maker Space, en septembre, a adoré l’idée et a décidé d’inclure quelques chercheurs dans la mise en place du projet. Ils ont travaillé ensemble, accompagnés de Liz Clark, une chorégraphe, sur le développement des mouvements et interactions de Ned.

Quelles réactions de la part du public ?

Cette expérience s’adresse notamment aux enfants. Malgré l’ambiance particulière de cette expérience, reposant sur une musique inspirée des boîtes à musique, une basse luminosité et des personnages hybrides, la plupart des enfants sont émerveillés par cet incroyable cirque. Certains enfants s’exclament à la vue du robot, d’autres dansent pendant de longues minutes avec Ned : les réactions sont variées mais répondent toutes à la volonté initiale de Makers of Imaginary Worlds, celle d’émerveiller et d’initier les enfants à l’art.

Quelle suite pour la compagnie ?

Visitez, dès le mois de septembre, le Cobot Maker Space de l’Université de Nottingham (ou leur site internet) pour découvrir une expérience unique et merveilleuse.

Vous pouvez également visiter le site internet de Makers of Imaginary Worlds pour être au courant des prochains lieux de tournée de Thingamabobas !

Enfin, n’hésitez pas à les solliciter si vous êtes intéressé par une telle prestation !